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Automne 2019 (Volume 29, numéro 3)

EULAR 2019 – Compte-rendu de Madrid

Par Philip A. Baer, MDCM, FRCPC, FACR

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L a Ligue européenne contre le rhumatisme (EULAR) est retournée à Madrid en 2019 pour une troisième fois en sept ans. J’ai participé au congrès de 2013, mais j’ai raté celui de 2017. Le congrès s’est tenu de nouveau à l’IFEMA Feria de Madrid située près de l’aéroport mais loin du centre-ville, bien que le métro et les taxis soient des moyens de transport efficaces. Un vol direct de Toronto a été un avantage cette fois-ci. Le temps était légèrement plus frais que prévu, mais idéal pour visiter et naviguer dans le centre des congrès, avec sa combinaison d'espaces intérieurs et extérieurs.

Plus de 14 000 personnes ont assisté au congrès, dont 4 900 ont soumis des résumés couvrant tous les aspects des sujets fondamentaux et cliniques en rhumatologie adulte et pédiatrique. Le taux d’acceptation des résumés était de 45 % pour la présentation et de 30 % pour la publication, avec 350 présentations orales, 2 226 affiches et 10 affiches de dernière minute. Plus de 500 orateurs ont participé au congrès.

Ces rencontres comportent toujours un grand pourcentage de contenu canadien. Parmi les conférenciers des symposiums satellites figuraient les Drs Dafna Gladman, Janet Pope et Carter Thorne, ce dernier ayant bien sûr discuté des vertus du méthotrexate sous-cutané dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde (PR). Un Canadien, Remy Pollock, Ph. D., de l’Institut de recherche Krembil de Toronto, a reçu un prix résumé de recherche en sciences fondamentales de l'EULAR pour avoir dirigé une étude sur le paysage épigénétique des patients atteints de psoriasis qui développeront une arthrite psoriasique (résumé OP0203). De nombreux Canadiens ont présenté des affiches et fait des présentations orales; notre nombre aurait été encore dplus élevé si Johannes Roth ne représentait pas l’Allemagne et Vivian Bykerk, les États-Unis.

J’ai présenté une affiche (FRI0109) portant sur l’efficacité et l’innocuité du golimumab et de l’infliximab chez les patients atteints de PR inscrits au registre BioTRAC. Par ailleurs, j’ai eu la liberté de parcourir les lieux du congrès à la recherche de matière intéressante et nouvelle. Les études prédominantes portaient sur les biosimilaires et sur les nouveaux inhibiteurs de la Janus kinase (JAK), notamment sur l’upadacitinib et le filgotinib, ainsi que le peficitinib, moins connu, et le fénébrutinib, un inhibiteur de la tyrosine kinase de Bruton (BTK). Les études portant sur les traitements dégressifs dans la PR contrôlée étaient d'actualité. Les études de prolongation à long terme et les analyses intégrées de l’innocuité de nombreux médicaments biologiques et antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM) synthétiques ciblés actuellement sur le marché étaient courantes, tout comme les analyses effectuées à partir de registres, y compris des piliers canadiens comme RhumaData, OBRI et RAPPORT. Certaines de ces études ont produit des données contradictoires, entre autres sur l’importance du traitement par le méthotrexate en association avec les inhibiteurs de la JAK (voir FRI0163 vs SAT0120).

Des résumés intéressants ont examiné la capacité du sarilumab à réduire les taux d’HbA1c chez les patients atteints de PR et diabétiques (SAT0121), les avantages de poursuivre plutôt que de retirer les produits biologiques chez les patients hospitalisés pour des infections graves (FRI0112) et l’association entre la positivité des anticorps antinucléaires (AAN) et le développement anticorps neutralisants anti-médicaments chez les patients traités au moyen de deux inhibiteurs du facteur de nécrose tumorale (TNF) (SAT0155).

Les sujets phares abordés dans les conférences portaient sur la recherche de stratégies de traitement jusqu'à la cible (« T2T ») (l'étude TICOSPA est toujours en cours; l’étude STRIKE n’a pas réussi son recrutement) et du lupus systémique (utilisant des mesures comme l’état d’activité faible de la maladie [LLDAS] et les définitions de rémission pour le LED [DORIS]). On a également souligné la nécessité d’atteindre un taux de protéinurie inférieur à 700 mg/jour chez les patients atteints de lupus néphrétique afin de préserver la fonction rénale à long terme, ce qui figurera dans les nouvelles directives thérapeutiques de l’EULAR pour le LED.

Madrid est une ville merveilleuse pour les touristes, avec un centre-ville peu dense où l'on peut se promener le long de Gran Via, sur la Plaza Mayor, la Plaza d'Espana, la Puerta del Sol, le Retiro, Salamanca et dans de nombreux autres secteurs. Les plaisirs gastronomiques y sont nombreux, une fois qu'on s'est habitué à manger la plupart des dîners après 21 h.

L’année prochaine, le congrès de l’EULAR se tiendra pour la première fois à Francfort. Réservez les dates du 3 au 6 juin 2020 si vous voulez y participer.

Philip A. Baer, MDCM, FRCPC, FACR
Rédacteur en chef, JSCR, Scarborough (Ontario)

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